Jérôme Gaudinat

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samedi 28 août 2010

Hospitalisations payantes pour les personnes handicapées en rupture d'auxiliaires de vie...

Hospitalisations payantes pour les personnes handicapées en rupture d'auxiliaires de vie... ou chronique d'un mécanisme annoncé.

Petit rappel historique.

C'est un comble ! Je suis tétraplégique depuis un peu plus d'une décennie et jamais je n'aurais pu imaginer pareil scénario. Je vis à mon domicile grâce au très précieux concours d'auxiliaires de vie qui accompagnent ma dépendance. Je gère seul cette organisation après une fort désastreuse expérience avec une association mandataire spécialisée. En effet, je veux choisir qui je fais entrer dans ma maison et dans mon intimité (voir l’interview que j'ai donné à la revue Réciproques http://blog.jerome-gaudinat.com/post/2010/02/03/Le-2e-exemplaire-de-la-revue-Réciproques-vient-de-paraître). De plus, un trop grand nombre d'intervenants nuit à ma sérénité car plus personne ne trouve quoi que ce soit car personne ne prend la peine de ranger chaque chose au même endroit ce qui m'impose de me passer de ce qui manque à l'instant. Drôle de vie qu'une vie amputée perpétuellement de choses et d'autres.

De temps en temps, par la conjonction d'arrêts maladie, d'accidents et d'indisponibilité d'auxiliaires de vie de remplacement, la seule solution qui me reste est l'hospitalisation faute d'autre solution d'hébergement dans l'urgence. Comment a pu-t-on croire, comment en est-on arrivé à croire que ces hospitalisations étaient des séjours pour convenances personnelles, voir de complaisances ?

Quel bonheur en effet d'être obligé de, toutes affaires cessantes, prendre le chemin du CHU pour y passer deux ou trois jours à mener une vie au rabais ? Pourtant, dans certains esprits, dont celui de Monsieur le Directeur général du CHU de Poitiers, il y avait quelque chose d’insupportable. C'est un peu comme s'il avait voulu jouer le rôle d'un justicier garant des bonnes finances de la France. Cette position fut confortée par le vote de la loi sur la tarification à l'acte (T2A). Notre Société n'avait pas à supporter le coût de ces hospitalisations décrétées à caractère social.

Si l'hôpital perd son sens de l'hospitalité, alors toutes les dérives sont imaginables. Quelle serait la surprise pour une personne ayant bien vécu, abondance de vins, de victuailles et de tabac, de recevoir la facture d'un CHU après une intervention de pontage coronarien ? Quelle serait la surprise d'une personne ayant tenté de mettre fin à ses jours de recevoir la facture de son séjour en réanimation et soins intensifs ? Une maman pourrait également recevoir la facture de son accouchement ? Dans mon cas comme dans ceux énoncés ci-dessus le processus est identique : à partir du moment où l'événement est prévisible, en l'occurrence l'hospitalisation, soit en raison, par exemple, d'une conduite à risque ou bien d'un désir d'enfant, notre Société ne prendrait plus en charge les coûts engendrés par ces hospitalisations.

Voici l’ensemble des démarches que j’ai effectué pour parvenir à une espèce de situation avortée ou le bras de fer par autorité interposée aboutit à une annulation des factures émises par la Trésorerie du CHU de Poitiers par le CHU de Poitiers lui-même. Bien sûr, il ne faut surtout pas prendre position officielle des fois que l'idée viendrait à des centaines de milliers de personnes handicapées de faire du tourisme dans les différent CHU de France et de Navarre. Cette affaire débute lors d'une réunion le 30 avril 2008 au CHU de Poitiers. Celle-ci avait été provoquée à ma demande suite à des difficultés rencontrées lors d'une hospitalisation en urgence du mois de janvier de cette année. Au cours de cette réunion, non seulement on ne me répond pas sur les problèmes rencontrés en janvier, mais brutalement on m'assène que les prochaines hospitalisations dites pour hébergement me seront personnellement facturées telles que le prévoit la loi sur la tarification à l'acte (T2A).

De retour de cette réunion, j'alerte M. le Préfet de la Vienne.

1. Copie de la lettre : Lettre_Monsieur_le_Prefet_de_la_Vienne_ss_210508__2_.pdf

Puis je reçois la lettre du CHU en confirmation de la réunion du 30 avril.

2. Copie de la lettre : Lettre_recue_M._Francois_060608.pdf

Puis je reçois la lettre de M. le Préfet de la Vienne.

3. Copie de la lettre : Lettre_recue_M._le_Prefet_070708.pdf

Face a cette difficulté, j'alerte Mme Létard, secrétaire d'État à la solidarité et M. Fillon, premier ministre.

4. Copie de la lettre : Lettre_Mme_Letard_290708.pdf, Lettre_M._Fillon_310708.pdf

Suite à ce courrier, je reçois une réponse de M. le Préfet de la Vienne.

5. Copie de la lettre : Lettre_recue_M._Prefet_140808.pdf.

Je demande un rendez-vous à la Ddass que j'obtiens le premier août. En voici le rapport que j'en ai fait.

6. Copie du rapport : Rapport_de_reunion_a_la_Ddass_010808.pdf

Finalement, rien n'a bougé au cours de cette année 2008.

Des hospitalisations pour hébergement ont lieu en 2009 : • 15 et 16 février • 20 et 21 juin • 24 25 octobre

Je reçois la facture pour l'hospitalisation des 20 et 21 juin malgré la prescription médicale.

7. Copie de la facture : Facture_recue_sejour_20_et_210609.pdf, Prescription_de_M._Pourtein_200609.pdf

Je conteste auprès de M. le directeur général du CHU.

8. Copie de la lettre : Lettre_M._Dewitte_200709.pdf

Voici sa réponse.

9. Copie de la lettre : Lettre_recue_M._Dewitte_280709.pdf

Je reçois un courrier de Mme le directeur de la CAPM de la Vienne.

10. Copie de la lettre : Lettre_recue_Mme_Galinat_211009.pdf

Je rencontre M. Métais, médiateur de la préfecture de la Vienne le 26 août.

J'alerte Mme Canuet, chargée de mission handicap auprès de Mme Morano, et M. Guepratte, conseiller hôpital auprès de Mme la ministre de la santé.

11. Copie des lettres : Lettre_Mme_Canuet_ns_310809.pdf, Lettre_M._C._Guepratte_310809.pdf.

Je reçois un courrier de M. Marion chef de cabinet de Mme la ministre de la santé.

12. Copie de la lettre : Lettre_recue_M._Marion_021009.pdf

Je reçois un courrier de M. Métais, Médiateur de la Préfecture de la Vienne.

13. Copie de la lettre : Lettre_recue_M._Metais_091109.pdf

J'écris à M. le Président de la République.

14. Copie de la lettre : Lettre_131109.pdf

Je reçois la première relance de la facture des 20 et 21 juin.

15. Copie de la lettre : Relance_facture_sejour_20_et_210609.pdf

Je conteste auprès de M. le trésorier du CHU.

16. Copie de la lettre : Lettre_M._Tresorier_chu_ns_101209.pdf

Je reçois une lettre d'excuses.

17. Copie de la lettre : Lettre_excuse_Tresorier_CHU_141209.pdf

Je reçois la réponse du Chef de cabinet du Président de la République.

18. Copie de la lettre : Lettre_recue_M._Goubet_261109.pdf

Je relance M. le Président de la République.

19. Copie de la lettre : Lettre_121209.pdf

Le 21 décembre, je rencontre Mme Coutelle, députée de ma circonscription pour interpeller M. le Médiateur de la République.

Le 30 janvier 2010, j’écris à Monsieur le directeur général du CHU de Poitiers pour contester la facture :

20. Copie de la lettre : Lettre__M._Dewitte_ns_300110.pdf

Le 20 février 2010, je reçois la réponse à la lettre du 12 décembre 2009 à Monsieur le Président de la République :

21. Copie de la lettre : Lettre_recue_M._Goubet_220210.pdf

Le 29 mars 2010, je reçois une lettre de M. le directeur général du CHU de Poitiers qui maintient la facture :

22. Copie de la lettre : Lettre_recue_M._Dewitte_290310.pdf

Le 25 avril 2010, je reçois la lettre de rappel de la trésorerie de l'hôpital : copie de la lettre :

23. Copie de la lettre : Lettre_de_rappel_230410.pdf

Le 29 avril 2010, je reçois un courriel de la part de l'attaché parlementaire de M. Bennahmias qui a posé une question au Parlement européen :

24. Copie : Question_ecrite_-_Parlement_europeen_060410.pdf

Je reçois le 10 juin 2010, la copie du courrier de Mme le directeur de la CPAM de la Vienne à M. le directeur général du CHU de Poitiers.

25. Copie de la lettre : Lettre_Mme_Galinat_a_M._Dewitte_100610.pdf

La facture correspondant à l'hospitalisation des 20 et 21 juin a été annulée par le CHU auprès de sa Trésorerie.

J'ai reçu début août un message me confirmant que la facture de 2845 € de la Trésorerie du siège de Poitiers avait été annulée par le CHU de Poitiers.

Voici le fil conducteur des principales démarches que j'ai effectuées à ce jour. Que va-t-il se passer pour la prochaine hospitalisation ? En effet, je ne suis toujours pas à l'abri d'une nouvelle défection d'auxiliaires de vie. En cumulant toutes les actions de tout un chacun autour de ce sujet, le montant des salaires dépensés pour cette réflexion est certainement largement supérieur au montant de ces factures. Cela laisse dubitatif dans une société qui cherche actuellement à faire des économies !

Mais, peut-être est-ce simplement le rappel à l'ordre d'un médecin responsable à la Cpam de Poitiers qui a trouvé inacceptable qu'un directeur général de CHU puisse s'arroger le droit de classer une prescription médicale dans la catégorie « prescription sociale ».

En conclusion, nous pouvons ainsi aisément vérifier encore une fois que le domaine de la Santé évolue et pas seulement de manière positive en France. C'est également l'exemple de l'aboutissement de la politique ultra gestionnaire des établissements de soins. Il ne faut pas oublier que le CHU de Poitiers fait partie des établissements rentables en France (d'après je ne sais plus quel classement). Je fais partie de ceux qui prêchent qu'un CHU devrait être piloté par une direction à trois têtes : un représentant du monde médical, un gestionnaire et un représentant des usagers. C'est à ce prix que l'on parviendra à ré humaniser ces établissements en ciblant là où les économies peuvent être décemment réalisées sans pour autant mettre à mal leurs fonctionnements, et en redonnant du sens à leur mission première.

samedi 24 avril 2010

Hospitalisations payantes : voici la lettre de rappel de la Trésorerie

Lettre de rappel 230410

lundi 5 avril 2010

Hospitalisations payantes : la lettre de confirmation du directeur général du CHU de Poitiers

Monsieur le directeur général du CHU de Poitiers persiste et signe : peut-être empochera-t-il une prime de plus ! (Si cela permettait d'augmenter le salaire des personnels soignants...)

Lettre reçue M. Dewitte 290310

mercredi 3 février 2010

Le 2e exemplaire de la revue Réciproques vient de paraître

Outre le fait que cette revue est fondamentalement intéressante, quand va-t-on comprendre que le métier de l'aide à la personne ne s'improvise pas et n'est pas, en aucun cas, la recette miracle pour lutter contre l'évolution dramatique du nombre de chômeurs.

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Entretien_J__G_09_format_pdf.pdf

dimanche 24 janvier 2010

Hospitalisations payantes : voici la facture de mon séjour du 23 octobbre au soir au 26 octobre 2009 au matin

Elle était attendue, elle s'est fait attendre, et puis elle est arrivée.

Facture_recue_sejour_231009.jpg

lundi 11 janvier 2010

Mon petit journal du nouvel an 2010

Le voici, il est enfin prêt.

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dimanche 29 novembre 2009

Info de dernière minute de notre envoyé spécial à Poitiers

jeudi 26 novembre 2009

Hospitalisations payantes : la première relance pour le paiement de la facture de 830,40 €

Facture reçue séjour 20 et 210609

À la réception de cette première relance de la facture du séjour des 20 et 21 juin, j'ai repris la lettre que m'avait fait parvenir M. le Médiateur de la Préfecture de la Vienne. Nous pouvons y lire : "je tenais néanmoins à vous informer que Monsieur le Directeur général du CHU est intervenu auprès du Trésorier de son établissement pour que ce dernier diffère tout recouvrement par contrainte pour les journées d'hospitalisation en question". Une question me vient à l'esprit : qui dit vrai ? De là à sous-entendre : quel est le plus respectable, il n'y a qu'un pas que je serais tenté de franchir face à ces agissements et facéties comptables ! (Toute ressemblance avec des personnes existantes ou ayant existé ne serait que pure coïncidence).

Hospitalisations payantes : la lettre de M. le directeur général du CHU de Poitiers à M. le médiateur de la Préfecture de la Vienne

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mercredi 11 novembre 2009

Maman a l'honneur

Bravo pour ce très joli succès. C'est remarquable. Surtout, continues ! Merci pour tes pensées, moi aussi cela m'encourage.

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Hospitalisations payantes : voici le courrier que je viens de recevoir de M. Métais, médiateur de la Préfecture de la Vienne

Lettre_recue_M._Metais_091109.jpg

jeudi 1 octobre 2009

Publication de la recommandation : Mission du responsable de service et rôle de l’encadrement dans la prévention et le traitement de la maltraitance à domicile par l'ANESM

L'ANESM (l'agence nationale de l'évaluation et de la qualité des établissements et services sociaux et médico-sociaux) vient de publier sa recommandation intitulée :

Mission du responsable de service et rôle de l’encadrement dans la prévention et le traitement de la maltraitance à domicile

Voici enfin un texte officiel qui pourra guider bien des intervenants au domicile. Je vous en souhaite bonne lecture.

Recommandations_service_a_domicile.pdf

mardi 15 septembre 2009

Hospitalisations payantes : Rue 89 publie mon témoignage

rue89_logo.gif Témoignage Handicapés, l'hôpital devient payant ! Par Jérôme Gaudinat | Président de Dominer son handicap | 14/09/2009 | 18H41

L'hôpital devient payant pour les personnes handicapées qui, faute d'auxiliaires de vie, se trouvent privées de vivre chez elles pour ne pas succomber à leur impossibilité à se désaltérer et à se nourrir seules.

Il y a ceux qui font une grève de la faim pour une noble cause et que l'on emmène de force à l'hôpital car leur situation représente une mise en danger de mort immédiate. Et cela est intolérable pour nos pouvoirs publics. Le recours à l'hôpital est alors la solution.

Par contre, une personne tétraplégique se retrouvant sans assistance ne peut avoir accès à l'hôpital que contre espèces sonnantes et trébuchantes. Pour deux nuits, on ne me demande rien moins 840,30 euros. Et encore heureusement que j'ai amené mon matelas, mon traitement et mes protections. Quel aurait été le montant de la facture si je n'avais pris ces précautions. (Voir la facture ci-dessous)

Téléchargez la facture envoyée à M. Gaudinat par le CHU de Poitiers pour deux nuits (PDF).Facture_recue_sejour_20_et_210609.pdf

En danger de mort si je n'ai personne à mon chevet

Le 19 juin dernier, Mlle B. m'annonce par un cours SMS qu'elle ne viendra pas assurer le week-end comme convenu la veille au soir. Je me retrouve dans l'obligation de me retourner vers le CHU, car il n'y a pas d'autre solution pour accueillir un tétraplégique au pied levé dans cette bonne ville de Poitiers. Après l'envoi d'une lettre précisant que ce séjour faisait suite à une prescription médicale, je viens de recevoir une nouvelle lettre qui m'annonce le maintien de la facturation. (Lire le document ci-dessous)

Téléchargez la lettre du CHU de Poitiers à M. Gaudinat confirmant la facture (PDF).Lettre_recue_M._Dewitte_280709.pdf

Comme mon médecin traitant l'a spécifié (voir le document ci-dessous), ma pathologie entraîne une mise en danger immédiate à partir du moment où il n'y a plus de personne compétente à mon chevet.

Téléchargez la prescription du médecin demandant l'hospitalisation (PDF).Prescription_de_M._Pourtein_200609.pdf

Dois-je continuer à me soustraire aux yeux de tous lorsque je n'ai pas réussi à recruter la personne qui me permettra de continuer à vivre chez moi ? Comment faire accompagner ma dépendance ? Lorsque je vis chez moi, je suis autonome en étant indépendant de ma dépendance, mais vous mesdames et messieurs, vous êtes autonomes, mais dépendants de votre dépendance. Peut-être cela entraîne-t-il quelque jalousie ?

Pour finir, le rôle d'un CHU, n'est-il pas de venir en aide aux personnes en situation de danger immédiat ? Dans mon cas, le directeur général du CHU de Poitiers ne s'arroge-t-il pas la décision de la limite du champ médical et du champ social ? Je n'ai pas l'impression, pourtant, de faire un exploit. Je vis, tout simplement, mais quel délice de vivre ! Même tétraplégique.

Est-il raisonnable que ce soit à moi de rassembler l'énergie pour relancer un débat que notre société se refuse de traiter autrement que sous un angle économique ? Il s'agit bien de non assistance à personne en danger. Car lorsque plus personne n'est disponible pour accompagner ma dépendance, je suis en danger de mort certaine, ne pouvant m'alimenter ou me désaltérer seul.

Telle est l'interprétation du directeur général du CHU de Poitiers.

jeudi 3 septembre 2009

Hospitalisations payantes : l'article de la Nouvelle République de ce jour

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dimanche 30 août 2009

La peine de mort est réintroduite en France !

Je suis tétraplégique et vis à mon domicile depuis bientôt 10 ans. Depuis l'application de la loi sur la tarification à l'acte dans les hôpitaux, ma vie a changé. En effet, pour pouvoir vivre chez moi, j'ai besoin de l'assistance permanente d'une personne compétente pour accompagner ma dépendance. Mon complet immobilisme physique me fait dépendre de la bonne volonté des autres pour tous les gestes quotidiens de la vie. Et là se situe l'énorme problème à résoudre pour pouvoir continuer à vivre libre chez moi. Le travail d'auxiliaire de vie n'intéresse que trop peu de personnes car il n'est pas reconnu, il ne permet pas d'intégrer une véritable filière professionnelle et il est trop peu rétribué. Par conséquent, trouver les perles rares est mon quotidien. Trop de personnes exercent ce métier en attente d'autre chose, et parmi elles trop peu sont véritablement qualifiées (seulement 10 % environ). Accompagner la dépendance d'une personne sévèrement handicapée, cela ne s'improvise pas. De temps à autre, lorsqu'il n'y a plus personne pour venir m'aider, je suis contraint de me replier vers le CHU. Cela n'a jamais posé de problème, même lorsque j'étais sous contrat de mandat avec une grande association française, jusqu'au 8 juin 2008 ou j'ai reçu, de la part du directeur Accueil Patients du CHU, un courrier m’annonçant que dorénavant les séjours provoqués par manque d'auxiliaire de vie me seraient personnellement facturés. Mlle B. n'est pas venu travailler le 19 juin comme convenu. N'ayant pu trouver de solution pendant cette journée, j'ai été contraint de séjourner au CHU les 20 et 21 juin. Drôle de manière pour passer le week-end. Au mois de juillet, je reçois la facture du CHU : 830,40 euros. J'avais pourtant une prescription de mon médecin traitant, mais celle-ci a été jugée comme demande de prise en charge sociale et non sanitaire. Alors, que faire ? Mon médecin traitant avait bien insisté sur la notion de mise en danger immédiate en raison de ma pathologie. Après ma contestation, Monsieur le directeur général du CHU maintient sa facturation. Comment dans ma situation résister à une période de 48 heures sans boire ni manger, ni même prendre mon traitement ? Monsieur le directeur général du CHU, ce refus déguisé de porter secours à une personne en danger n'est-il pas l'équivalent d'une condamnation à mort ? de plus, vous me faites parvenir la facture, mais n'est-ce pas une forme de manque de courage, car si vous l'aviez adressé à Monsieur le Président du Conseil général de la Vienne... Est-ce un retour à un eugénisme sous une forme à peine dissimulée ?

vendredi 28 août 2009

Hospitalisations payantes : l'article du journal le Canard enchaîné du 26 août

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mardi 4 août 2009

Handicapés, l'hôpital devient payant !

L'hôpital devient payant pour les personnes handicapées qui, faute d'auxiliaires de vie, se trouvent privées de vivre chez elles pour ne pas succomber à leur impossibilité à se désaltérer et à se nourrir seules. il y a ceux qui font une grève de la faim pour une noble cause et que l'on emmène de force à l'hôpital car leur situation représente une mise en danger de mort immédiate. Et cela est intolérable pour nos pouvoirs publics. Le recours à l'hôpital est alors la solution. Par contre, une personne tétraplégique se retrouvant sans assistance ne peut avoir accès à l'hôpital que contre espèces sonnantes et trébuchantes. Pour deux nuits, on ne me demande rien moins 840,30 euros. Et encore heureusement que j'ai amené mon matelas, mon traitement et mes protections. Quel aurait été le montant de la facture si je n'avais pris ces précautions.

Le 19 juin dernier, Mlle B. m'annonce par un cours SMS qu'elle ne viendra pas assurer le week-end comme convenu la veille au soir. Je me retrouve dans l'obligation de me retourner vers le CHU, car il n'y a pas d'autre solution pour accueillir un tétraplégique au pied levé dans cette bonne ville de Poitiers. Après l'envoi d'une lettre précisant que ce séjour faisait suite à une prescription médicale, je viens de recevoir une nouvelle lettre qui m'annonce le maintien de la facturation.

Comme mon médecin traitant l'a spécifié, ma pathologie entraîne une mise en danger immédiate à partir du moment où il n'y a plus de personne compétente à mon chevet.

Dois-je continuer à me soustraire aux yeux de tous lorsque je n'ai pas réussi à recruter la personne qui me permettra de continuer à vivre chez moi ? Comment faire accompagner ma dépendance ? Lorsque je vis chez moi, je suis autonome en étant indépendant de ma dépendance, mais vous Mesdames et Messieurs, vous êtes autonomes, mais dépendants de votre dépendance. Peut-être cela entraîne-t-il quelque jalousie ?

Pour finir, le rôle d'un CHU, n'est-il pas de venir en aide aux personnes en situation de danger immédiat ? Dans mon cas, le directeur général du CHU de Poitiers ne s'arroge-t-il pas la décision de la limite du champ médical et du champ social ? Je n'ai pas l'impression, pourtant, de faire un exploit. Je vis, tout simplement, mais quel délice de vivre ! Même tétraplégique.

Est-il raisonnable que ce soit à moi de rassembler l’énergie pour relancer un débat que notre société se refuse de traiter autrement que sous un angle économique ? Il s’agit bien de non assistance à personne en danger. Car lorsque plus personne n'est disponible pour accompagner ma dépendance, je suis en danger de mort certaine ne pouvant m’alimenter ou me désaltérer seul.

Telle est l'interprétation du directeur général du CHU de Poitiers.

Pour mémoire, le courrier de M. François :

Lettre_recue_M._Francois_060608.jpg

La facture et son courrier d'accompagnement :

Facture reçue séjour 20 et 210609

Facture reçue séjour 20 et 210609

Mon courrier de contestation et la prescription médicale :

Lettre M Dewitte ns 200709

Prescription_de_M._Pourtein_200609.jpg

La lettre de confirmation de M. Autexier :

Lettre reçue M. Dewitte 280709

mardi 26 mai 2009

"Vivre c'est être autonome"

Merci Thomas de relayer mon message.

http://blog.chapuzot.org/post/2009/...

dimanche 24 mai 2009

Weed-end de l'Ascension

Le temps du week-end, j'ai eu cinq enfants. Mes deux fils, Guillaume et Lucas avaient organisé une visite du Futuroscope avec trois camarades de collège : Pauline, Solène et Arnaud. C'était aussi une manière de couper ce long moment entre les vacances de Pâques et celles d'été pour que nous puissions nous voir, mes fils et moi. Nous avons passé un merveilleux moment. C'est agréable de se retrouver à partager les repas avec cinq ados. Je vous remercie, les enfants, de m'avoir accordé ce moment.

Photo_groupe_Futur09.jpg De gauche à droite : Solenne, Gullaume, Pauline, Arnaud, Lucas, et devant votre fidèle serviteur.

dimanche 12 avril 2009

Colloque des AMP (aides médicaux psychologiques) organisé par l'IRTS Poitou-Charentes le 10 avril à Neuville du Poitou

Dépendance et Autonomie

(L’autonomie, c’est la faculté de décider pour soi-même s’agissant de sa propre vie, faculté hypertrophiée, dans mon cas par la lucidité acquise par le travail fait sur moi-même depuis la survenue de la tétraplégie).

À 34 ans, un accident de la circulation m’a fait devenir tétraplégique. Tétraplégique, mais pas à moitié, c’est-à-dire à hauteur de la cinquième cervicale, soit une blessure C5 suivant Frankel. En une fraction de seconde, je suis devenu un être immobile, ne disposant plus de mes membres, ne disposant plus de mon corps et restreignant mes fonctions vitales essentielles comme par exemple ma respiration limitée au seul débattement de mon diaphragme. Par conséquent, je suis devenu un être dépendant, c’est-à-dire dépendant des autres pour tous les actes de la vie. Je ne peux satisfaire mes besoins naturels, mais je ne peux également ni me désaltérer ni m’alimenter. Imaginez alors pour le reste ! Pourtant, je mange, je bois, je dors…

Même si j’ai besoin d’un matelas spécifique pour préserver ma santé cutanée, je peux m’asseoir dans un fauteuil. Celui-ci est spécifique, bien sûr, pour pouvoir assurer le maintien de mon corps, ce que mes muscles ne permettent plus de faire. Ce fauteuil me permet de me déplacer chez moi, mais aussi à l’extérieur. C’est aussi le lien physique qui me permet de maintenir un contact avec notre société.

Lorsque je suis assisté par une personne compétente, ma dépendance s’efface. En effet, tout ce que mon corps ne me permet pas, cette personne auxiliaire le fera à ma place. Grâce à elle, j’exerce mon autonomie parce qu’elle accompagne ma dépendance. Mon vécu, mon niveau socioculturel, mon statut d’homme, de père et de citoyen me donnent envie et me permettent de participer activement à notre société.

J’ai toujours envie de me lever le matin, je suis toujours curieux de l’instant à venir, je fais toujours plein de projets, je suis toujours heureux d’organiser et de construire, de voir mes projets arriver à terme. Aujourd’hui, je n’ai pas l’impression que mon immobilité physique modifie le cours de ma vie. Bien sûr cela la complique car notre société n’est pas adaptée aux personnes comme moi, mais mes capacités mentales me permettent de dépasser cela.

Vivre, c’est être autonome. C’est pouvoir à chaque instant prendre les décisions nécessaires au déroulement de sa vie dans les conditions que l’on s’est fixé. C’est pourquoi je ne mesure pas de différence entre ma vie d’avant l’accident et celle d’aujourd’hui. Cependant à une seule et unique condition : c’est de pouvoir bénéficier à chaque instant du concours d’une personne auxiliaire compétente. C’est à ce prix seulement que je peux devenir celui que j’ai envie d’être.

NB : aujourd’hui, je suis autonome car je suis indépendant de ma dépendance, et vous, vous êtes autonomes mais dépendants de votre indépendance.

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