Hospitalisations payantes pour les personnes handicapées en rupture
d'auxiliaires de vie... ou chronique d'un mécanisme annoncé.
Petit rappel historique.
C'est un comble ! Je suis tétraplégique depuis un peu plus d'une
décennie et jamais je n'aurais pu imaginer pareil scénario. Je vis à mon
domicile grâce au très précieux concours d'auxiliaires de vie qui accompagnent
ma dépendance. Je gère seul cette organisation après une fort désastreuse
expérience avec une association mandataire spécialisée. En effet, je veux
choisir qui je fais entrer dans ma maison et dans mon intimité (voir
l’interview que j'ai donné à la revue Réciproques
http://blog.jerome-gaudinat.com/post/2010/02/03/Le-2e-exemplaire-de-la-revue-Réciproques-vient-de-paraître).
De plus, un trop grand nombre d'intervenants nuit à ma sérénité car plus
personne ne trouve quoi que ce soit car personne ne prend la peine de ranger
chaque chose au même endroit ce qui m'impose de me passer de ce qui manque à
l'instant. Drôle de vie qu'une vie amputée perpétuellement de choses et
d'autres.
De temps en temps, par la conjonction d'arrêts maladie, d'accidents et
d'indisponibilité d'auxiliaires de vie de remplacement, la seule solution qui
me reste est l'hospitalisation faute d'autre solution d'hébergement dans
l'urgence. Comment a pu-t-on croire, comment en est-on arrivé à croire que ces
hospitalisations étaient des séjours pour convenances personnelles, voir de
complaisances ?
Quel bonheur en effet d'être obligé de, toutes affaires cessantes, prendre
le chemin du CHU pour y passer deux ou trois jours à mener une vie au
rabais ? Pourtant, dans certains esprits, dont celui de Monsieur le
Directeur général du CHU de Poitiers, il y avait quelque chose d’insupportable.
C'est un peu comme s'il avait voulu jouer le rôle d'un justicier garant des
bonnes finances de la France. Cette position fut confortée par le vote de la
loi sur la tarification à l'acte (T2A). Notre Société n'avait pas à supporter
le coût de ces hospitalisations décrétées à caractère social.
Si l'hôpital perd son sens de l'hospitalité, alors toutes les dérives sont
imaginables. Quelle serait la surprise pour une personne ayant bien vécu,
abondance de vins, de victuailles et de tabac, de recevoir la facture d'un CHU
après une intervention de pontage coronarien ? Quelle serait la surprise
d'une personne ayant tenté de mettre fin à ses jours de recevoir la facture de
son séjour en réanimation et soins intensifs ? Une maman pourrait
également recevoir la facture de son accouchement ? Dans mon cas comme
dans ceux énoncés ci-dessus le processus est identique : à partir du
moment où l'événement est prévisible, en l'occurrence l'hospitalisation, soit
en raison, par exemple, d'une conduite à risque ou bien d'un désir d'enfant,
notre Société ne prendrait plus en charge les coûts engendrés par ces
hospitalisations.
Voici l’ensemble des démarches que j’ai effectué pour parvenir à une espèce
de situation avortée ou le bras de fer par autorité interposée aboutit à une
annulation des factures émises par la Trésorerie du CHU de Poitiers par le CHU
de Poitiers lui-même. Bien sûr, il ne faut surtout pas prendre position
officielle des fois que l'idée viendrait à des centaines de milliers de
personnes handicapées de faire du tourisme dans les différent CHU de France et
de Navarre. Cette affaire débute lors d'une réunion le 30 avril 2008 au CHU de
Poitiers. Celle-ci avait été provoquée à ma demande suite à des difficultés
rencontrées lors d'une hospitalisation en urgence du mois de janvier de cette
année. Au cours de cette réunion, non seulement on ne me répond pas sur les
problèmes rencontrés en janvier, mais brutalement on m'assène que les
prochaines hospitalisations dites pour hébergement me seront personnellement
facturées telles que le prévoit la loi sur la tarification à l'acte (T2A).
De retour de cette réunion, j'alerte M. le Préfet de la Vienne.
1. Copie de la lettre :
Lettre_Monsieur_le_Prefet_de_la_Vienne_ss_210508__2_.pdf
Puis je reçois la lettre du CHU en confirmation de la réunion du 30
avril.
2. Copie de la lettre : Lettre_recue_M._Francois_060608.pdf
Puis je reçois la lettre de M. le Préfet de la Vienne.
3. Copie de la lettre : Lettre_recue_M._le_Prefet_070708.pdf
Face a cette difficulté, j'alerte Mme Létard, secrétaire d'État à la
solidarité et M. Fillon, premier ministre.
4. Copie de la lettre : Lettre_Mme_Letard_290708.pdf,
Lettre_M._Fillon_310708.pdf
Suite à ce courrier, je reçois une réponse de M. le Préfet de la Vienne.
5. Copie de la lettre : Lettre_recue_M._Prefet_140808.pdf.
Je demande un rendez-vous à la Ddass que j'obtiens le premier août. En voici
le rapport que j'en ai fait.
6. Copie du rapport :
Rapport_de_reunion_a_la_Ddass_010808.pdf
Finalement, rien n'a bougé au cours de cette année 2008.
Des hospitalisations pour hébergement ont lieu en 2009 : • 15 et 16
février • 20 et 21 juin • 24 25 octobre
Je reçois la facture pour l'hospitalisation des 20 et 21 juin malgré la
prescription médicale.
7. Copie de la facture :
Facture_recue_sejour_20_et_210609.pdf,
Prescription_de_M._Pourtein_200609.pdf
Je conteste auprès de M. le directeur général du CHU.
8. Copie de la lettre : Lettre_M._Dewitte_200709.pdf
Voici sa réponse.
9. Copie de la lettre : Lettre_recue_M._Dewitte_280709.pdf
Je reçois un courrier de Mme le directeur de la CAPM de la Vienne.
10. Copie de la lettre : Lettre_recue_Mme_Galinat_211009.pdf
Je rencontre M. Métais, médiateur de la préfecture de la Vienne le 26
août.
J'alerte Mme Canuet, chargée de mission handicap auprès de Mme Morano, et M.
Guepratte, conseiller hôpital auprès de Mme la ministre de la santé.
11. Copie des lettres : Lettre_Mme_Canuet_ns_310809.pdf,
Lettre_M._C._Guepratte_310809.pdf.
Je reçois un courrier de M. Marion chef de cabinet de Mme la ministre de la
santé.
12. Copie de la lettre : Lettre_recue_M._Marion_021009.pdf
Je reçois un courrier de M. Métais, Médiateur de la Préfecture de la
Vienne.
13. Copie de la lettre : Lettre_recue_M._Metais_091109.pdf
J'écris à M. le Président de la République.
14. Copie de la lettre : Lettre_131109.pdf
Je reçois la première relance de la facture des 20 et 21 juin.
15. Copie de la lettre :
Relance_facture_sejour_20_et_210609.pdf
Je conteste auprès de M. le trésorier du CHU.
16. Copie de la lettre :
Lettre_M._Tresorier_chu_ns_101209.pdf
Je reçois une lettre d'excuses.
17. Copie de la lettre :
Lettre_excuse_Tresorier_CHU_141209.pdf
Je reçois la réponse du Chef de cabinet du Président de la République.
18. Copie de la lettre : Lettre_recue_M._Goubet_261109.pdf
Je relance M. le Président de la République.
19. Copie de la lettre : Lettre_121209.pdf
Le 21 décembre, je rencontre Mme Coutelle, députée de ma circonscription
pour interpeller M. le Médiateur de la République.
Le 30 janvier 2010, j’écris à Monsieur le directeur général du CHU de
Poitiers pour contester la facture :
20. Copie de la lettre : Lettre__M._Dewitte_ns_300110.pdf
Le 20 février 2010, je reçois la réponse à la lettre du 12 décembre 2009 à
Monsieur le Président de la République :
21. Copie de la lettre : Lettre_recue_M._Goubet_220210.pdf
Le 29 mars 2010, je reçois une lettre de M. le directeur général du CHU de
Poitiers qui maintient la facture :
22. Copie de la lettre : Lettre_recue_M._Dewitte_290310.pdf
Le 25 avril 2010, je reçois la lettre de rappel de la trésorerie de
l'hôpital : copie de la lettre :
23. Copie de la lettre : Lettre_de_rappel_230410.pdf
Le 29 avril 2010, je reçois un courriel de la part de l'attaché
parlementaire de M. Bennahmias qui a posé une question au Parlement
européen :
24. Copie :
Question_ecrite_-_Parlement_europeen_060410.pdf
Je reçois le 10 juin 2010, la copie du courrier de Mme le directeur de la
CPAM de la Vienne à M. le directeur général du CHU de Poitiers.
25. Copie de la lettre :
Lettre_Mme_Galinat_a_M._Dewitte_100610.pdf
La facture correspondant à l'hospitalisation des 20 et 21 juin a été annulée
par le CHU auprès de sa Trésorerie.
J'ai reçu début août un message me confirmant que la facture de 2845 € de la
Trésorerie du siège de Poitiers avait été annulée par le CHU de Poitiers.
Voici le fil conducteur des principales démarches que j'ai effectuées à ce
jour. Que va-t-il se passer pour la prochaine hospitalisation ? En effet,
je ne suis toujours pas à l'abri d'une nouvelle défection d'auxiliaires de vie.
En cumulant toutes les actions de tout un chacun autour de ce sujet, le montant
des salaires dépensés pour cette réflexion est certainement largement supérieur
au montant de ces factures. Cela laisse dubitatif dans une société qui cherche
actuellement à faire des économies !
Mais, peut-être est-ce simplement le rappel à l'ordre d'un médecin
responsable à la Cpam de Poitiers qui a trouvé inacceptable qu'un directeur
général de CHU puisse s'arroger le droit de classer une prescription médicale
dans la catégorie « prescription sociale ».
En conclusion, nous pouvons ainsi aisément vérifier encore une fois que le
domaine de la Santé évolue et pas seulement de manière positive en France.
C'est également l'exemple de l'aboutissement de la politique ultra gestionnaire
des établissements de soins. Il ne faut pas oublier que le CHU de Poitiers fait
partie des établissements rentables en France (d'après je ne sais plus quel
classement). Je fais partie de ceux qui prêchent qu'un CHU devrait être piloté
par une direction à trois têtes : un représentant du monde médical, un
gestionnaire et un représentant des usagers. C'est à ce prix que l'on
parviendra à ré humaniser ces établissements en ciblant là où les économies
peuvent être décemment réalisées sans pour autant mettre à mal leurs
fonctionnements, et en redonnant du sens à leur mission première.